• Apparu à la fin du XIV ème siècle, le Nô, contemporain de la naissance de la cérémonie du thé et des arts martiaux, fut l'apanage d'une élite, alors que le kabuki, conçu dès ses origines comme une véritable entreprise économique, fut l'un des fleurons de la culture urbaine de l'époque d'Edo.

    Le théâtre Nô

     

    Il semble qu'il soit difficile de décrire le théâtre Nô, du moins selon les critères occidentaux. Il s'agit d'un art composite, mêlant textes d'un haut niveau poétique, chants et musiques, costumes somptueux... Les acteurs sont caractérisés par des masques travaillés comme de véritables oeuvres d'art. Les acteurs, exclusivement des hommes, sont soumis à une formation longue et exigeante. Une représentation de nô dans la pure tradition comporte une succession de cinq pièces entre-coupées de kyôgen (intermèdes "comiques" destinés à alléger la tendance dramatique). Les spectacles puisent l'inspiration dans l'histoire et la mythologie de l'époque et comportent un nombre réduit de personnages, dont "le personnage principal", le shite ("celui qui fait") est masqué.

     

    Le théâtre kabuki

    De la traduction littérale "extravaguant", le kabuki naît à l'aube du XVII ème siècle, sous l'impulsion d'une danseuse. Pourtant la scène sera très vite interdite aux femmes... Contrairement au Nô qui était réservé à l'aristocratie, le répertoire du kabuki se développe autour d'une inspiration historique et réaliste, puisant à son tour dans l'actualité de l'époque et dans le fait divers. Empruntée au théâtre nô, la scène se transforme peu à peu, fait apparaître passerelles, escaliers d'accès et, bien plus tard, des trappes et plateaux tournants autorisant un nombre croissant de personnages, d'effets spéciaux et d'actions plus dynamiques. C'est une révolution... Comme le Nô, le kabuki privilégie toujours la performance de l'acteur, dont le métier se transmet au sein des familles. Le théâtre traditionnel japonais fait aujourd'hui face à la concurrence sérieuse d'un théâtre de type occidental apparu au début du XX ème siècle.


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  • Les premières peintures japonaises décorent les parois de pierre des tombes des empereurs du VI ème siècle. Ce sont en fait des motifs géométriques peints de couleur ocre qui forment des compositions magiques ou des motifs animaliers. Même si ces peintures sont de style coréen, elles témoignent par certains emprunts chinois des forts liens qui unissaient le Japon avec le continent.

     

    La peinture à l'encre de Chine

    A la cour de l'empereur, au XIIème siècle, on préfère les rouleaux enluminés aux sujets profanes, alors que les samouraïs préfèrent les peintures monochromes à l'encre de Chine, d'inspiration Zen. La peinture religieuse de l'époque de Kamakura se montre légèrement plus réaliste.

     

    La peinture Zen

    C'est au cours des XII ème et XIV ème siècle donc que la peinture monochrome venue de la Chine se développe. Peu appréciée dans ce pays, la peinture monochrome de la secte méditative Zen trouve ses adeptes au Japon. Elle séduit les guerriers par sa rigueur. Les moines Zen japonais se rendent en Chine, s'initient aux techniques du lavis (sui boku ga) et rapportent plusieurs rouleaux de leurs maîtres.

     

    L'art du portrait

    Le peintre Fujiwara Takanobu (1142-1205) inaugure l'art du portrait réaliste ou Nise-e, dont son fils Fujiwara Nobuzane devient maître avec les Portraits des 36 poètes. De Fujiwara Takanobu, les portraits de Yoritomo et Shigemori sont devenus classiques pour le public français, après les descriptions enthousiastes qu’en a fait André Malraux.

     

    L’influence occidentale

    C'est en 1868 que le Japon s'ouvre à l'Occident. La peinture japonaise, nihonga, influencée d'abord par les impressionnistes, voit des peintres comme Yamamoto Kanae ou Asai Chû produire des toiles d'inspiration européenne. Kishida Ryûsei, qui utilise les mêmes techniques, fait une série saisissante de portraits de sa fille. Après la Seconde Guerre mondiale, les expositions de Picasso, Matisse, Braque impressionnent le public japonais. Puis les oeuvres de Hans Hartung, Pierre Soulages sont une véritable révélation. Après 1960, les oeuvres des peintres modernes japonais Munakata, Okada ou Dômoto attirent les Européens et reflètent les courants créatifs internationaux. L’abstrait, le pop'art, l'art conceptuel, l'art cinétique sont aussi des mouvements japonais qui ne se différencient pas de ceux des autres cultures. Les techniques modernes ont permis de dépasser tradition et nationalité.

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